Comment les entreprises françaises préservent-elles leur ambition d'innovation ?

Auteur :
Jérémy Ohayon
Publié le :
5/5/26
Comment les entreprises françaises préservent-elles leur ambition d'innovation ?

La France innove. Publiée en mars 2026, l'étude de l'Association des Conseils en Innovation (ACI) réalisée par Odoxa, le prouve : 72 % des 342 entreprises interrogées ont maintenu des postes de recherche en France grâce aux dispositifs publics (CIR, Bpifrance, France 2030, fonds européens), 87 % déclarent qu’ils ont été utiles pour rester compétitives économiquement et 21 % se sont appuyés sur eux pour relocaliser leurs activités de production ou de R&D en France.

Mais cette dynamique est fragile. Depuis la réforme du CIR dans la loi de finances 2025, 36 % des entreprises ont déjà réduit leurs dépenses de R&D, de 24 % en moyenne. Ce signal récent est un appel à l’action avec le bon accompagnement.

Que finance l'innovation en France : emplois, souveraineté, réindustrialisation ?

  • 72 % des entreprises ont maintenu des postes de recherche en France grâce à ces financements
  • 21 % ont même relocalisé des activités de production ou de R&D en France grâce au CIR et à France 2030
  • 53 % ont noué des partenariats académiques avec des laboratoires publics
  • 86 % ont tiré au moins un bénéfice concret de ces dispositifs

Ce que révèle l'étude ACI : analyse de 3 secteurs innovants

Industrie / Fabrication (33 % des répondants)

L'industrie française est le secteur le plus représenté dans l'étude et l'un de ceux qui tire le plus concrètement parti des dispositifs publics. Grâce au CIR et à France 2030, des industriels maintiennent en France des lignes de R&D qu'ils auraient autrement délocalisées, voire des sites entiers de production. 21 % des entreprises de l'échantillon ont ainsi relocalisé des activités grâce à ces soutiens.

Le défi est celui de la continuité : dans l'industrie, R&D et outil de production sont directement imbriqués. Toute instabilité se répercute vite sur les décisions industrielles : 44 % des industriels envisageraient de délocaliser leur recherche si les dispositifs venaient à disparaître.

Numérique / Logiciel (21 % des répondants)

Le secteur numérique français est l’un des plus dynamiques d’Europe (IA, logiciels, cybersécurité, deeptech). Et ses entreprises innovent vite : cycles courts, développements agiles, itérations permanentes. Le CIR est pour beaucoup d’entre elles un levier essentiel pour financer cette vitesse d’exécution.

Le défi du secteur est avant tout de l’ordre de la clarté : 58 % des entreprises du numérique citent l’incertitude juridique et fiscale comme priorité numéro un à résoudre. C’est une demande qui vise à prioriser la lisibilité et la stabilité pour pouvoir continuer à innover sereinement.

Energie / Environnement (8 % des répondants)

Petit en volume, stratégique par nature. Le secteur énergie-environnement porte certains des projets de R&D les plus ambitieux du pays : transition énergétique, décarbonation des procédés, nouvelles technologies de stockage. Des projets longs, capitalistiques, qui ne peuvent se financer sans un écosystème d'aides publiques solide.

Le secteur est aussi l'un de ceux qui contribuent le plus directement aux priorités nationales : 26 % des entreprises de l'échantillon déclarent que leurs travaux de R&D portent sur l'énergie, avec une surreprésentation des grandes entreprises. 

En cas de réduction des dispositifs, 86 % réduiraient leur budget R&D, un signal fort dans un secteur où la trajectoire climatique 2040 ne souffre pas l'attentisme.

Ce que les entreprises demandent : de la stabilité et de la simplification

Les entreprises savent précisément ce dont elles ont besoin pour continuer : de la stabilité (47 %) et de la simplification (44 %). Pas nécessairement plus d’argent mais un cadre lisible, stable, et des démarches allégées. 

C’est un message d’optimisme : la France a des entreprises prêtes à innover. Il leur faut des règles qui ne changent pas d'une loi de finances à l'autre, et des modalités d’accompagnement pour le faire.

Dans un environnement réglementaire qui évolue, le rôle des experts R4Innov est de transformer cette complexité en stratégie : identifier les bons dispositifs (financements dilutifs et non dilutifs), construire des dossiers solides, sécuriser les financements.

L’étude de l’ACI le confirme : 89 % des entreprises accompagnées reconnaissent une plus-value importante de leur conseil sur la sécurisation juridique et technique de leurs dossiers. 86 % valorisent la structuration des preuves. 

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